Dark Skies, paranoïa et rétrofiction.Roswell, Majestic 12... la grande parade de la guerre froide !
Surfant sur le succès des X-Files, cette série télévisée tenta le pari d'apporter un éclairage nouveau sur cinquante ans d'histoire contemporaine, sans trouver son public
Nous sommes au début des années 60. Un jeune couple plein d'entrain s'installe à Washington. Mais les nouvelles fonctions du jeune homme -John Loengard- lui font rapidement perdre sa candeur et ses illusions sur le monde, puisqu'il apprend que des extraterrestres hostiles seraient présents sur Terre depuis la fin des années 40... Qui est qui ?Parmi ces extraterrestres on retrouve des "greys" -qui sont pacifiques- et des "hives" -dont le mode de fonctionnement rappelle les larves de la saga Alien-. Ces derniers visent la colonisation de la planète et prenant possession des corps des premiers mais aussi des humains ; ce qui leur permet de contrôler leurs actions. Pour contrer cette infiltration, une organisation opaque plus ou moins liée aux services secrets et à l'armée : "Majestic-12" (qui a réellement existé), et qui trouve à sa tête un officier de la marine implacable : Franck Bach. Paranoïa et rétrofictionDark Skies (1996/1997) s'inscrit dans la lignée des séries télévisées classiques comme "Les Envahisseurs" (1966/1968), où le politique, l'administration et les médias voient leur crédibilité remise en cause et la démocratie implicitement taxée d'imposture institutionnelle. Son originalité réside dans son parti pris quant à l'explication des grands événements ayant impliqué les Etats-unis depuis l'après-guerre, puisque tous sont présentés comme étant plus ou moins liés à la présence d'extraterrestres sur la planète : assassinat de JFK, émeutes de Watts... D'ailleurs, les créateurs de la série avaient prévu cinq saisons concernant chacune une décennie, mais le caractère inégal des scénarios n'a pas permis à Dark Skies de trouver son public, et le programme n'a par conséquent connu qu'une seule année de production. Encore une fausse révolution...A bien regarder les dix-neuf épisodes de la série, on ne peut que constater qu'une fois encore cette relecture historique n'est en rien une remise en cause du fond de l'histoire récente états-unienne, au contraire : Par exemple, alors que la nécessité d'envoyer des troupes au Viet-Nam est établie dans un épisode (notamment en raison de l'infiltration de "hives" en Asie du Sud-Est), on découvre que les plus agités des pacifistes qui appellent au retrait des Etats-Unis du conflit sont eux-mêmes "habités" par des hives. Et quelques années plus tard, alors que le flower power triomphe, les dealers de drogues sont, comme par hasard, à nouveau des humains possédés par des hives, comme quoi la drogue... c'est pas bien ! Restera quand même pour mémoire de téléphage une saison curieuse d'une série télévisée qui ne l'était pas moins.
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